Tel qu’annoncé il y a quelques jours, l’équipe de Vecteur5 désire vous faire part de sa réflexion concernant les enjeux auxquels font face les organisations de transport collectif régionales en ces temps incertains. Ces enjeux ont été regroupés en trois grands thèmes et dans cette première partie, nous abordons les deux premiers thèmes qui sont : adresser les enjeux de santé publique et adapter le cycle des opérations.

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1. Adresser les enjeux de santé publique

Dû à l’état d’urgence sanitaire, la majorité des services de transport collectif à travers le Québec (et au niveau mondial) ont connu une forte baisse d’achalandage. Certains ont même dû suspendre certains services. Cette baisse a forcé les organisations de transport à diminuer fortement la fréquence et l’étendue de leurs services plus la crise perdurait. Cette forte diminution de fréquentation a rendu possible, la plupart du temps, la distanciation physique dans les services de transport collectif. Maintenant que le déconfinement et que la relance des activités économiques sont entamés, il devient difficile pour les organisations de garantir une distance de 2 mètres entre les usagers. Plusieurs services régionaux opèrent avec des véhicules de petite ou moyenne dimension dans lesquels le nombre de places est limité. Afin de respecter une distance de deux mètres, la capacité de ces véhicules devrait généralement être réduite des deux tiers, ce qui est en pratique impensable pour plusieurs opérateurs. Le décret gouvernemental 222-2020 du 20 mars dernier interdit tout type de rassemblement de personnes sauf sous certaines conditions, dont à bord des services de transport collectif. Ainsi, le gouvernement présume cette distanciation physique impossible à réaliser à l’intérieur des véhicules de transport collectif. Dans ce contexte où on ne peut garantir une distance sécuritaire entre les usagers, comment fait-on pour redonner confiance à la clientèle, convaincre qu’il est sécuritaire de monter à bord d’un véhicule de transport collectif et assurer la sécurité des employés opérant le système ?

Tel qu’observé dans de nombreux endroits et avec une forte tendance, le port du masque individuel apparaît comme une solution qui, combinée à d’autres mesures de prévention et de désinfection, pourrait permettre de limiter la nécessité d’une distance de sécurité. À cet égard, un récent communiqué du ministère des Transports (MTQ), de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande fortement aux usagers du transport collectif de porter un couvre-visage lors de leurs déplacements, sans le rendre obligatoire. Il est donc de la responsabilité et du pouvoir règlementaire (accordé aux autorités municipales) de chaque service de transport collectif régional de décider si le port du couvre-visage pourrait être obligatoire pour l’utilisation de leur service. Évidemment, cette décision apporte son lot d’enjeux, notamment au niveau de la protection des chauffeurs, des communications ainsi que de l’application et du respect de cette mesure. Ultimement, les organisations pourraient laisser aux usagers le soin de décider s’ils souhaitent porter un couvre-visage de manière individuelle, sans collectiviser les implications de cette décision.

2. Adapter le cycle des opérations

« Redonner confiance » est devenu le mantra d’innombrables organisations, tous secteurs d’activités confondus, en cette période de déconfinement. En effet, après deux mois à devoir s’isoler et limiter ses déplacements, il est facile d’imaginer qu’il subsistera une certaine réticence de la part des Québécois à utiliser des moyens de transport collectif dans un avenir rapproché. Combien de temps cela durera ? Il est difficile de le quantifier, mais l’impact à court terme sera bien réel. Déjà de nombreuses villes et régions s’adaptent afin de donner plus de place aux transports actifs sur la place publique. Dans ce contexte, les organisations de transport collectif devront s’adapter en favorisant la transparence, dans leurs communications, des mesures sanitaires qu’elles mettent en place afin de redonner confiance à leurs usagers. Les opérations de nettoyage pourraient par exemple être rendues visibles par les opérateurs afin de rassurer la clientèle. Véhiculer une image positive, sécuritaire et abordable de l’utilisation du transport collectif sera primordial dans les mois à venir.

De façon parallèle, les organisations œuvrant en transport collectif régional devront s’interroger sur les services qu’elles offrent et s’adapter à une reprise graduelle de leurs activités. Plusieurs organisations à travers le monde ont profité de la crise afin d’offrir des services plus flexibles, sur demande. Au Québec, certaines ont même décidé de mettre leurs véhicules à la disposition d’entreprises de leur région afin de transporter denrées et médicaments aux populations les plus vulnérables. Cette forme d’innovation sociale permet de démontrer qu’il est possible pour les organisations de réaffirmer leur posture à titre d’institution cruciale dans la collectivité.  En définitive, plusieurs mois risquent de s’écouler avant que les organisations de transport collectif régionales retrouvent le niveau d’achalandage qu’elles avaient avant la crise. Elles devront donc adapter leur fréquence et leur type de service en conséquence, et ce, afin de répondre aux besoins possiblement modifiés de leurs usagers.

Dans le prochain billet, l’équipe de Vecteur5 continue de vous partager sa réflexion quant aux enjeux liés au transport collectif régional. Il sera alors question de l’avenir et du développement des services. Pour lire l’intégralité de l’article, vous pouvez consulter le https://mobilite.vecteur5.ca/articles-sur-la-mobilite-des-personnes/

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